Nicolas LEMOINE

 

Taille : 6'1"

poids : 185 lbs

 

Numéro : 88

 

Position : Receveur

 

 

Date de naissance : 1993-12-07

Ville natale : St-Jean de Broye

 

Programme d'étude : Administration des affaires

 

Année en cours : 1

 

 

2010 - present

2010 - present

 

-Bonjour Nicolas. Ici, chez les Dragons, tout le monde te connait, mais est-ce que tu pourrais te présenter pour les visiteurs de notre site?

 

Je m'appelle Nicolas, j'ai 20 ans et j'étudie à l'université Laval en Administration des affaires. Je suis receveur dans l'équipe de Football du Rouge et Or de Laval. J'ai commencé le football américain aux Etats-Unis, en Floride, chez les Panthers (H.B. Plant High school) en 2009, où nous avons remporté le championnat de Floride. A peine le temps de faire la préparation physique hivernale que je suis rentré en France (mon père est militaire, je déménage souvent). J'ai intégré les Dragons de Paris en 2011, en tant que receveur, kicker et punter en junior et kick returner, receveur en senior.

 

-Comment s'est passé ton arrivée au Québec, sportivement parlant?

 

Je suis arrivé en août de 2012. Ce fut assez spécial car je n'avais pas été sélectionné pour le camp d'entraînement et j'étais très déçu. Le coach avait déjà un effectif de plus de 100 joueurs à ce moment là. Il m'a dit de revenir pour des essais durant l'hiver. Je savais que je devais améliorer ma forme physique pour mettre toutes les chances de mon côté. J'ai donc contacté Félix-Antoine Lapointe le coach de l'équipe d'athlétisme, afin de faire les sélections.

J'ai tout donné et réussi à intégrer l'équipe pour faire la saison en salle, cela m'a permis d'améliorer ma vitesse et mon endurance. En mars 2013, j'ai repris contact avec le nouveau coach de l'équipe de football Justin Ethier. Il a accepté de me tester sur trois entraînements équipés. Au programme : un contre un, exercices par position et spécial teams.

A la fin des tests, le coach m'a donné une place dans l'équipe. Mais, il m'a dit que je devais la confirmer car les nouvelles recrues ainsi que les vétérans étaient tous excellents et avaient plus d'expérience que moi (10 ans de jeux... contre 3 pour moi).

Quand on veut intégrer l'équipe de football numéro un du pays avec une expérience de deux années de football seulement, ce n'est pas facile mais c'est un bon challenge.

 

-As-tu ressenti une énorme différence entre nos deux pays? A quel niveau la ressent-on le plus? Physiquement, techniquement, au niveau mental?

 

Quand on parle à quelqu'un qui est en sport étude depuis la 6ème, on se sent bien inférieur techniquement. Le gars a fait les mêmes choses pendant dix ans et c'est devenu une machine de football.

Au niveau du physique et des capacités athlétiques c'est différent, car l'on trouve de bons athlètes partout. La plus grosse différence de gabarit se situe au niveau des lignes offensives et défensives.Pour le mental, en France comme ici quand tu rentres sur le terrain, tu sais que tu es là pour une seule raison.

Quand j'étais chez les Dragons, les gars étaient prêts tous les jours à s'amuser, à s'améliorer et à se dépasser. La seule différence c'est qu'ici les objectifs ne sont pas les mêmes. Beaucoup de joueurs désirent partir en CFL (Canadian Football League) et le football c'est leur vie.

Quand tu joues au niveau universitaire, tu as un nombre d'années limité dans le sport si tu ne pars pas chez les professionnels. Tu es obligé de prendre ça au sérieux si tu veux profiter de ces moments-là à fond et avoir du temps de jeu sur le terrain.

 

Pour finir, ici, on a des entraînements six fois par semaine. Donc si tu t'engages à être un étudiant-athlète c'est que tu es prêt à endurer ça moralement. Tu dois être performant en sport, dans tes études et ne rien lâcher.

Grâce aux installations sportives et à l'organisation au sein de l'école, les athlètes ont tendance à être meilleurs dans tous les domaines. 

 

-A ton avis, que t'a apporté ton passage chez les Dragons, en terme de préparation physique, sportive pour intégrer l'équipe des Rouge et Or?

 

Quand je suis arivé chez les Dragons, je n'avais qu'une année de football et même si j'avais de bonnes bases, il me restait beaucoup à apprendre. Bruno et Ricket m'ont expliqué ce qu'ils attendaient de moi dans leur système de jeu offensif et je me suis dit que j'allais devoir travailler. En effet je n'avais jamais fait de motion, porter la balle en tant que coureur ou travailler sur les retours de kick off. Je suis rentré dans le QB, sur une motion, lors de mon premier snap... J'ai beaucoup progressé grâce à eux, j'ai pu améliorer mes bases et devenir un meilleur joueur.

Bruno avait joué au CEGEP (Collège d'Enseignement Général et Professionnel) au Québec, donc il a pu me guider dans mes choix et me dire à quoi je devais m'attendre. J'ai eu la chance d'apprendre les valeurs du sport aux Etats-Unis mais il me manquait beaucoup de pratique et d'exercices que mes coachs français ont su me donner.

 

-A l'inverse, quelle est la chose la plus importante que tu aies appris au Canada?

 

De connaître mon rôle au sein de l'équipe. Lorsque l'enjeu est grand, il faut que tu comprennes ce que tu as à faire pour contribuer au succès de l'équipe avant tout. Mon rôle cette année était d'entraîner la défense partante en exécutant les formations de l'attaque qu'elle allait rencontrer en fin de semaine. Je savais que je ne jouerais probablement pas les matchs. Mais chaque entraînement en était un pour moi et cela me faisait progresser.

J'ai compris ce rôle et j'ai tout donné pour que la défense puisse être prête à chaque fin de semaine. Ca m'a aussi permis de me familiariser avec le système de jeu canadien et de m'améliorer au niveau technique.

 

-Aujourd'hui, quels sont tes objectifs à moyen et long terme au niveau sportif?

 

Je ne suis malheureusement plus sur l'équipe car je n'ai pas été sélectionné pour l'an prochain. C'est une grosse déception mais je garde la tête haute, car j'ai vécu une saison magnifique avec la victoire de la coupe Vannier à domicile et j'ai eu le privilège de faire quelques jeux lors des matchs de préparation. Ca a été une série de moments inoubliables qui m'ont permis d'accomplir quelque chose d'énorme : de me prouver que tout est possible tant que j'y crois et que je me donne les moyens pour y arriver. Mais je ne compte en aucun cas arrêter le sport, sans lequel je ne me vois pas progresser dans la vie. Je vais retourner en athlétisme au printemps et m'assurer de performer dans mes prochaines années à l'université.

J'ai réalisé une bonne première saison pour quelqu'un qui n'en avait jamais fait et je sais qu'avec mes capacités mentales et physiques, je peux aller loin.

 

-Un conseil à donner à tous les jeunes joueurs quiq envisagent, comme toi, de partir jouer pour une équipe universitaire à l'étranger et veulent réussir?

 

Sache ce que tu veux vraiment faire et souviens-toi que les études c'est le plus important. Jouer pro c'est le rêve de tout athlète, mais si tu n'as pas de porte de sortie, tu n'as plus rien. J'ai été accepté dans plusieurs universités grâce à mes notes du lycée avant que les coaches ne me confirmentce qu'il attendaient de moi si je choisissais leur école. Deux d'entre elles m'acceptaient et m'assuraient d'être

pris pour les camps d'entraînement de football.

Malgré ça j'ai choisi Laval, l'équipe où l'on m'a dit que je ne ferai probablement pas le camp d'entraînement. Ce que je voulais c'était faire partie du Rouge et Or car je savais que c'était la meilleure équipe et je voulais faire partie de quelque chose de grand, peu importe le prix à payer.

Si tu veux venir jouer dans une universitée (ou CGEEP pour commencer, ce qui te donnerai plus de chance de te faire valoir) au Canada ou aux Etats-Unis, peu importe la division, renseigne-toi bien, fais des vidéos de tes performances et prends contact avec les coaches afin de te faire connaître et de mettre toutes les chances de ton côté. Soi sûr de réussir à l'école et d'avoir un objectif à longterme, tant sur le plan académique que sportif.

 

"It's a lot dedication, sacrifice and hard work."

 

 

 

 

 

interview réalisée par R. Nicolas.

Un Dragon au Canada